L’Avortement Médicalisé ...

L’Avortement Médicalisé pour réduire le taux de mortalité chez les femmes enceintes

L’Avortement Médicalisé pour réduire le taux de mortalité chez les femmes enceintes

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  • Published 1 month, 1 week ago
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Mettons-nous à la place des autres

Imagine un peu ta fille, ta sœur, une amie ou tout simplement une connaissance qui décède lors d’un processus d’avortement clandestin. Imagine aussi que ce décès peut être évité à travers un avortement fait par des personnes bien formées, exerçant selon une éthique et une déontologie médicale.

Au quotidien, certaines choses qui ne sont pas toujours contrôlables, nous arrivent et changent nos vies. A chaque fois que nous sommes face à des situations, nous essayons de comparer les effets négatifs qu’elles peuvent avoir sur nous. Quelqu’un qui fait un accident et se fracture un pied ou un bras tout en restant en vie, dira toujours que cette fracture est mieux que de perdre la vie.

L’erreur est humaine mais ne commettons pas plus d’erreurs à partir de nos erreurs.

Nos sœurs qui s’engagent dans des avortements clandestins, le font parce que ce sont des grossesses indésirées. Elles le font aussi parce que ceux qui avortent sont stigmatisés car c’est encore vu comme un tabou dans notre société. Certains diront qu’elles ne pouvaient pas fermer leurs cuisses? Mais, c’est pas ça le sujet (ceux qui me lisent savent que moi j’aime orienter mes combats vers la prévention et non vers le traitement ou la guérison). « Le fait est fait !!! » Nous parlons d’un cas où une sœur à fait un faux pas et se retrouve face au dilemme de l’avortement. Allons-nous la lasser prendre le chemin de la clandestinité au péril de perdre sa vie? Ou allons-nous lui proposer une solution médicalisée où elle aura plus de chance de survivre ?

La deuxième proposition semble intéressante

Malgré l’interdiction de l’avortement par le Code Pénal camerounais dans ses articles 337, 338 et 339, la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Cameroun (SOGOC) qui existe depuis 1989, a décidé de diminuer le taux de mortalité maternelle à travers son projet ACAC, qui plaide pour le droit à l’avortement médicalisé donc surveillé par les spécialistes en la matière.

Ce combat puise son énergie du Protocole de Maputo, qui est une norme internationale de l’Union Africaine (UA) amenant les États signataires à garantir les droits des femmes, y compris le droit de participer au processus politique, l’égalité sociale et politique avec les hommes, une autonomie améliorée dans leurs décisions en matière de santé et la fin des mutilations génitales. Ledit protocole reconnait l’avortement dans son Article 14, alinéa 2 (c), comme un droit humain dans les circonstances telles que l’agression sexuelle, le viol, l’anomalie fœtale mettant en danger la vie du fœtus, et la poursuite de la grossesse mettant en danger la santé mentale et physique de la femme ou sa vie.

Quelques chiffres à ne pas négliger dans cette affaire

Il est vrai que le Gouvernement camerounais a ratifié ce Protocole de Maputo en 2009 mais son Code Pénal ne donne pas la liberté en matière d’avortement. Entre 2015 et 2019, 73,3 millions d’avortements ont été enregistrés dans le monde. Six grossesses non désirées sur dix se sont terminées par un avortement provoqué. Allons-nous continuer de regarder 30% de nos femmes enceintes mourir à cause des avortements faits par ceux qui ne maitrisent pas l’appareil reproductif féminin? Allons-nous continuer de regarder l’Afrique regorger presque la totalité (97 %) des avortements à risque dans le monde? Je ne pense pas!

Certes, nous allons continuer la sensibilisation autour des grossesses indésirées, mais il faudra trouver des solutions adéquates pour nos sœurs qui ne mettront pas en pratique les conseils à elles destinés. Ne les laissons pas mourir si nous pouvons les sauver.

Imagine un peu ta fille, ta sœur, une amie ou tout simplement une connaissance qui décède lors d’un processus d’avortement clandestin.
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