16 Jours d’Activisme • La marche du SOGOC qui bouscule les mentalités à Yaoundé

Ce vendredi matin à Yaoundé, la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Cameroun (SOGOC) a donné une leçon de solidarité, de courage et… de punch. En marge des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, l’organisation a mené une marche de sensibilisation dont l’énergie a traversé les rues comme une onde de réveil social.

Parti du siège de la SOGOC, le cortège a remonté l’itinéraire jusqu’au carrefour Bata Nlongkak en passant par le marché Nkoleton. Une marche rythmée par des arrêts stratégiques, animée par des messages forts, et marquée surtout par une mobilisation des volontaires hommes comme femmes ce qui a surpris plus d’un.


Au marché Nkoleton, le message passe

Au marché Nkoleton, les volontaires ont multiplié les haltes pour échanger directement avec les commerçants. Un exercice qui consistait à expliquer, rassurer et informer car les violences basées sur le genre n’épargnent aucun milieu, aucune génération. Et cette année, le thème mondial rappelle l’urgence d’agir aussi face aux violences numériques notamment l’harcèlement, les menaces ainsi que l’exploitation qui frappent de plein fouet les femmes et les jeunes filles.

Les commerçants ont écouté. Certains ont débattu. D’autres ont posé des questions. Mais tous ont accueilli le message avec un sérieux inattendu… parfois même avec humour.


«Les hommes font quoi dedans ?»

Grande surprise du public a été la présence de jeunes hommes dans les rangs des volontaires. Une présence encore rare dans ce type de mobilisation, mais essentielle pour changer les mentalités.

Au détour d’un étal de vivres, un commerçant, étonné, a laissé échapper :
«Les hommes font quoi dedans ?»

Une remarque qui a déclenché des sourires… puis une explication simple : la lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas une affaire de femmes, mais une responsabilité collective.

Cette réaction illustre un défi culturel profond qui consiste à faire comprendre que les violences basées sur le genre concernent toute la société hommes, femmes, institutions, familles et communautés.


Un engagement au-delà de la marche : protéger, soigner, accompagner

Si la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Cameroun (SOGOC) s’implique autant, c’est parce que la réalité est alarmante.

  • 1 femme sur 3 en Afrique subit une violence physique ou sexuelle au cours de sa vie.
  • Au Cameroun, 36 % des femmes déclarent avoir déjà été victimes de VBG, y compris sous forme numérique.
  • Plus grave encore : 25 % des décès maternels sont liés à des pratiques d’avortement clandestines, souvent consécutives à des violences.

La SOGOC le répète : aucune femme ne devrait risquer sa vie parce qu’elle a subi un viol, une agression, ou parce qu’elle n’a pas accès à une prise en charge sécurisée.

L’organisation plaide pour des services de santé reproductive complets, des espaces sécurisés pour les victimes, et une mobilisation nationale pour combattre les violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou digitales.


Agir maintenant et ensemble !

Cette marche n’est pas qu’un symbole. C’est un signal. Un rappel que le combat contre les violences faites aux femmes ne peut plus attendre.

SOGOC appelle :

  • Les décideurs politiques à renforcer la protection des victimes,
  • Les acteurs de santé à améliorer la prise en charge,
  • Les citoyens hommes et femmes à faire front commun contre les violences.

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